Les institutions d’enseignement supérieur constituent dans certains pays, un vivier dans lequel les clubs d’élite et les équipes nationales dans plusieurs disciplines sportives dénichent des talents. Malheureusement, dans le milieu estudiantin tchadien, les activités sportives ont disparu depuis un certain temps.

Un tour à l’université de N’Djamena, dans des écoles normales supérieures et les instituts étatiques permet de se rendre à l’évidence. Les aires sportives dont disposent la plupart de ces institutions d’enseignement servent à d’autres activités où ne sont pas simplement exploités sportivement. Et pour cause, depuis plus de dix ans, le sport est absent dans les esprits et le plan d’action des responsables de ces institutions. Par le passé, le Rectorat de l’université de N’Djamena avait la charge du sport dans les années 2000 à 2011 dans le milieu universitaire du pays. En date d’avril 2012, le service est transféré au Centre National des Œuvres Universitaires (CNOU).

Photo archive de Tchad Université Club (TUC) (Ph/DR)

Pour le chef de service culture et sport à l’université de N’Djamena, Guebana Samuel, avant notre reversement au CNOU, le service a entretenu deux équipes à savoir une équipe de basket-ball affilié à ladite ligue et une équipe de volley-ball à la ligue de volley-ball de N’Djamena de 2000 à 2012 et elles n’ont pas failli, elles ont payé régulièrement les affiliations et les licences. « En ce moment, nous dépendons du CNOU qui doit nous fournir les moyens financiers nous permettant d’exécuter ce que nous avons comme prérogative à faire. Mais, lorsque nous émettons les besoins, cela n’est pas agréé et on n’a pas les moyens», déplore le chef de service, Guebana Samuel. Avis que partage l’initiateur du club Tchad Université Club (TUC) en Basketball, Rayam Abdoulaye. « On ne sait pas si le sport est réellement dans le programme des dirigeants en charge du Centre National des Œuvres Universitaire. Depuis que le rectorat a laissé la prise en charge des activités sportives et culturelles au centre, rien n’a marché. C’est à eux de nous dire exactement, quel est le réel problème. Mais, nous déplorons le fait que le sport en milieu universitaire n’est pas représentatif », se désole-t-il.

Les pistes de solution

Les universités, écoles normales supérieures et instituts étatiques du Tchad regorgent des talents sportifs. C’est pourquoi, les acteurs en charge du développement du sport en milieu universitaire doivent dans un premier temps revoir en hausse le budget de fonctionnement de ce service afin de redonner un souffle nouveau aux sportifs étudiants. Le chef de service culturel et sportif, Guebana Samuel, suggère de revoir la décision 136 qui permettait aux étudiants de pratiquer les activités sportives dans les après-midi tous les jeudis et samedis. « Lorsque nous sommes reversés au CNOU, cette décision n’est pas prise en compte, nous voudrions réactualiser cette décision. Nous avons rencontré le président de l’université pour lui parler de cette décision et ce dernier a affirmé qu’il faudrait revoir cette décision afin de permettre à certains enseignants de libérer les étudiants dans les soirées des jours retenus. Ce sont les étudiants qui font flotter les drapeaux dans les compétitions », explique-t-il.

Abordant dans la ligne de proposition, les étudiants demandent à ce que le CNOU fasse appel à des personnes ressources afin de sortir un scénario et relancer les activités sportives dans le milieu universitaire. Selon eux, « il est inadmissible que chaque année, les autres pays envoient des invitations pour participer aux compétitions universitaires et que le Tchad brille par son absence ».

En rappel, le service des sports et culture a pour missions, entre autres, de mettre en place et de promouvoir le développement des activités sportives dans le milieu universitaire, de prendre part aux fora des sports scolaires et universitaires au niveau national et international, d’organiser des championnats interfilières et veiller à l’équipement des clubs sportifs universitaires.

JEAN LENOIR