Abakoura Adoum Adran, jeune enseignant et promoteur de l’Initiative Parole d’Avenir, a partagé une analyse approfondie sur la situation difficile que traverse l’équipe provinciale de football de Moussoro sur sa page Facebook. Cette réflexion fait suite à la défaite 2-1 contre l’AS-PSI de N’Djamena lors du championnat national, qui s’est déroulé le 2 mai 2026 au stade municipal de Moussoro.
Selon lui, son analyse n’est ni un réquisitoire, ni un discours pour impressionner. C’est un cri du cœur, une volonté sincère de dire la vérité pour espérer un changement réel.
« Depuis le début du championnat national, notre football provincial traverse une zone de turbulence. Une crise silencieuse, mais visible à travers les résultats, l’organisation et l’engagement global », a-t-il souligné.
Il a ajouté que les difficultés sont nombreuses et entremêlées. D’abord, l’instabilité institutionnelle, marquée par la suspension du président de la ligue provinciale, fragilise la gouvernance et plonge les acteurs dans l’incertitude. Ensuite, il y a le malaise au sein même des équipes : tensions internes, joueurs démotivés, certains allant jusqu’à refuser de jouer. Quand le moral est touché, la performance suit.
À cela s’ajoute un problème plus profond : les influences et manipulations diverses qui perturbent l’équité sportive et brisent la confiance. Un football sans confiance ne peut pas grandir.
Abakoura a également indiqué que le public semble hésitant. L’engouement est timide, parfois même réticent, notamment envers l’équipe FOULLAH FC, qui représente toute la province du Barh-El-Gazal, notre identité commune. Pourtant, une équipe sans son public est comme un corps sans âme. Sur le plan logistique, les réalités sont dures : manque de moyens, déplacements mal organisés, matchs non honorés. Abandonner des rencontres par forfait, ce n’est pas seulement perdre des points, c’est perdre de la crédibilité.
Il creuse davantage en ces mots : au-delà de ces constats visibles, il y a d’autres maux plus silencieux :
– L’absence de formation structurée des jeunes talents ;
– Le manque d’infrastructures adaptées ;
– L’insuffisance d’accompagnement des encadreurs ;
– L’absence de vision à long terme pour le développement du football provincial ;
– Le manque de partenariats et de soutien financier durable ;
– Une communication faible autour des activités sportives locales ;
– Et surtout, une perte progressive de confiance entre les acteurs du football.
Pourtant, tout n’est pas perdu. Car malgré tout cela, des jeunes continuent de rêver, des joueurs continuent de se battre, des passionnés continuent d’y croire.
Pour lui, le football provincial n’est pas mort. Il est malade. Et toute maladie peut être soignée si le diagnostic est sincère et la volonté collective.
Il propose de restaurer la confiance, réorganiser les structures, valoriser les talents locaux, mobiliser le public et redonner au football provincial la dignité qu’il mérite.
Parce qu’au fond, le football n’est pas qu’un jeu. C’est un espoir, une identité, un levier de développement pour toute une jeunesse. Et cette jeunesse mérite mieux.


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